Depuis l’apparition des végétaux à fleurs il y a plus de 100 millions d’années, l’abeille et les plantes sont inséparables. Attirées par l’éclat et le parfum des pétales et par le nectar sécrété, sans relâche, passant d’une fleur à l’autre, les abeilles en assurent la reproduction. Sans les abeilles il n’y aurait ni fruits ni légumes.
 
La vie de la colonie  
Sauvage ou domestiquée toute la vie de la colonie s’articule autour de la reine au service de laquelle s’activent des ouvrières totalement dévouées selon les principes d’une économie sans faille. 
La reine, seul individu femelle fertile de la colonie, provient d’un œuf fécondé, identique à celui d’une ouvrière, mais nourrit exclusivement à la gelée royale. Produite au printemps la reine entreprend quelques temps après sa naissance un vol nuptial, s’accouplant aux mâles l’accompagnant jusqu’à ce que sa spermathèque soit remplie. Elle restera ainsi fécondée pour le restant de sa vie. Rentrée à la ruche, son unique mission sera de pondre (jusqu’à 2000 œufs par jour). Entourée, nourrie et protégée par les ouvrières, elle contribue par ses phéromones spécifiques à la cohésion sociale de la ruche.
 
L’essaimage est le moyen par lequel les colonies se reproduisent. Au début du printemps quelques cellules à reines sont produites. Peu avant l’éclosion des nouvelles reines, l’ancienne reine quitte la ruche avec la moitié des ouvrières pour former un essaim qui cherche à trouver un nouvel abri pour s’établir. Rarement une nouvelle ruche se construit ex-nihilo au creux d’un arbre ou d’un rocher. Dans la ruche, la première reine qui naît tue les autres encore dans leur alvéole et s’apprêtera pour son vol nuptial bouclant ainsi le cycle de reproduction.

Les ouvrières, individus les plus nombreux de la colonie (plus de 40'000 en général) sont des femelles stériles dont le fonctionnement ovarien est inhibé par les phéromones de la reine. Dans la colonie, elles travaillent sans répit et sont chargées de toutes les tâches inhérentes au bon fonctionnement de la ruche, en les exerçant chacune successivement au cours de leur vie :

  • Nettoyage des alvéoles et entretien de la ruche
  • Gavage des larves
  • Stockage du pollen et du nectar dans les alvéoles et ventilation de la ruche
  • Construction des rayons
    Garde de la ruche et chasse aux intrus
  • Butinage et apport de nourriture à la ruche
Les faux-bourdons - ou abeilles mâles – ne participent pas aux travaux. Au nombre d’environ 2500 et provenant d’ovules non fécondés, leur rôle se limite strictement à la fécondation des jeunes reines lors d’un seul vol nuptial dont ils ne reviennent jamais car chassés par les ouvrières. Incapables de subvenir à leurs besoins, ils sont condamnés à une mort prochaine.
 
La communication est primordiale chez les insectes sociaux et coordonne la totalité des activités de la ruche. Les abeilles communiquent par contacts antennaires, par voie chimique via les phéromones émises par la reine et par les danses permettant de transmettre la localisation des sources de nourriture.
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Apis mellifera
Appartenant, comme tous les insectes munis d’ailes membraneuses et translucides, à la famille des hyménoptères on retrouve leurs colonies pratiquement dans toutes les régions du monde. Parmi les multiples espèces d’abeilles, l’apis mellifera – ou apis mellifica – (l’abeille à miel) est l’un des genres principaux élevés pour la production de miel et considéré comme variété domestique.
Morphologie
Métamorphose
La vie de cet insecte ailé, quelques jours à quelques mois, comporte des phases très différentes tant du point de vue morphologique que de celui du mode vie.
Ce qui éclôt de l’œuf est une larve dépourvue d’ailes dont l’activité consiste essentiellement à se nourrir. Pour grandir elle doit subir des mues successives car la cuticule, l’enveloppe qui entoure l’insecte, est rigide.
Parvenue au terme de son développement la larve, en une mue extraordinaire, laisse la place à l’insecte adulte ailé qui nous est familier.
Cette métamorphose fait intervenir des mécanismes hormonaux complexes et est complète :
  • Œuf ou ovule – selon qu’il est fécondé ou pas – d’une longueur de 1,5 mm pour un diamètre de 0,3 mm est fixé perpendiculairement au fond de l’alvéole dans laquelle il est pondu.
  • La larve se dégage ensuite de l’enveloppe qui l’entoure et qui se dissout ensuite environ quatre jours après la ponte.
  • La larve est entièrement recroquevillée sur elle-même et va muer 5 fois au cours des premiers jours de son existence, alors qu’elle reçoit entre 2000 et 3000 visites de la part des abeilles ouvrières qui la gavent et la soignent.
  • Après 9 à 10 jours les abeilles referment la cellule à l’aide d’une couche de cire imperméable.
  • Après 12 jours (soit 21 jours après la ponte), la jeune abeille remue, découpe au moyen de ses mandibules l’opercule de la cellule et sort de celle-ci.

Comme tous les insectes le corps de l’abeille est divisé en trois :

  • La tête avec ses grands yeux latéraux à facettes, ses antennes et l’appareil buccal
  • Le thorax formé de 3 anneaux fusionnés, portant chacun une paire de pattes poilues qui font office de « peigne » ; sur lui s’attachent deux paires d’ailes membraneuses et comporte encore deux orifices pour la respiration.
  • L’abdomen formé de sept segments rigides. Chez les femelles, il présente à son extrémité un aiguillon venimeux
 
Les menaces

"Le jour où les abeilles disparaîtront, l'homme n'aura plus que quatre années à vivre"

Albert Einstein

Alertés par les médias, le grand public a récemment pris conscience des dangers sournois qui menacent l’existence même des abeilles.
En Europe et aux Etats-Unis, d’importantes et brutales mortalités de ruches entières d’abeilles domestiques ont été relevées sans que les causes de ce phénomène ne soient clairement élucidées. On évoque les pesticides, les plantes OGM, comme le maïs bt, mais également de nombreuses maladies ou des prédateurs dont l’environnement déséquilibré favorise le développement, notamment le varroa.
Les agressions d’un environnement profondément modifié par l’homme, de plus en plus nombreuses et globales, soulignent s’il le fallait encore, la nécessité de protéger les abeilles et leur écosystème. Car loin de nous céder uniquement une part de leur miel, l’action pollinisatrice des abeilles est certainement leur plus grande valeur économique et nous en dépendons encore bien plus que de leur miel familier.
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